Historique-loup

Des histoires de loups

C’est une autre particularité du refuge, les loups accueillis, en mal de placement, ont pratiquement tous une histoire. Elle incite le public à comprendre que de nombreuses exigences entourent la  détention d’animaux de la faune sauvage. Ces histoires de loups, pas forcément heureuses, nous offrent aussi la possibilité d’évoquer la législation auprès du public ; une législation bien souvent ignorée.

Les loups du Gard

Les premiers loups placés à Coat Fur, les « loups du Gard », sont certainement ceux qui ont fait le plus couler d’encre. On a même pu les voir à la télé  : au 13 h de TF1, le vendredi 22 avril 2005.

Ils sont à l’origine de la création du Refuge des loups de Coat où ils ont été officiellement placés le 6 juin 2006.

A l’origine la meute composée de trois mâles castrés et cinq femelles, tous hybrides, étaient la propriété d’une « passionnée d’animaux ». Vivant en région parisienne, elle a souhaité en 2002/2003 rapatrier ces loups, placés dans un refuge dans le Gard, sur sa propriété située à Camlez dans les Côtes d’Armor. Ce projet ne passera pas aux yeux de la population et du conseil municipal qui vote contre. La propriétaire se retrouvera alors  dans une impasse… Le journal TV de TF1 évoquera cette histoire  -peu banale- de rapatriement de loups dans une commune lors de son journal (13 h) du 12 janvier 2004.

Le refuge des loups en pleine création y voit l’occasion d’accueillir ses premiers animaux. La meute installée dans un enclos au sein du refuge de l’association C.H.E.VA.L. (dirigée par Paula Loïs) ne constitue pas une solution puisque cet accueil est considéré comme temporaire.

La situation devient encore plus critique après la fuite des animaux suite à un acte de malveillance le 21 avril 2005. « Une battue aux loups en plein village.. c’est ce à quoi ont assisté les habitants des communes de Servas, Salindres et Navacelles… », lit-on le lendemain dans le Midi Libre. Reste que trois loups seront abattus lors de leur cavale. Les quatre survivants réintégreront leur enclos provisoire le soir même, l’un d’entre eux, Alpha, avec un œil en moins après avoir reçu une balle dans la tête.

Cet épisode ne passera pas inaperçu au niveau national plusieurs télés mentionnent l’affaire dans leur journal respectif le 22 avril. Une affaire largement commentée aussi sur internet : des forums comme celui de  « La meute » y consacrent des centaines de posts. 

Finalement, le dossier de placement des loups du Gard à Lescouët-Gouarec finira par aboutir après un long travail partenarial (un dialogue constant et constructif entre les porteurs de projet et la DSV des Côtes d’Armor, la DSV du Gard). Ici aussi il faudra faire avec quelques réticences locales relayées par la presse mais elles n’ont jamais constitué un frein au projet. Les loups du Gard arrivent en juin 2006 à Coat Fur. Dans un soucis de transparence, pour l’information du public également, une porte ouverte est organisée en avril 2007. Entre 700 et 800 personnes viendront sur place prendre connaissance de l’histoire de ces loups et découvrir leur lieu de vie. 

A Coat Fur, les derniers loups du Gard ont vécu une fin de vie dans de bonnes conditions. Alpha qui, contre toute attente, s’était laissé soigner l’œil par Paula Loïs après l’acte de malveillance de 2005 se laissera tout autant approché par Willy Bigot pour des soins en toute fin de vie.

Les loups de Germain Fourneron

Personnage complexe, considéré comme « original » voir « marginal », Germain Fourneron était connu en Creuse pour être un passionné de loups. Il crée un parc privé en 1987, « L’enclos des loups », prévu pour accueillir une quinzaine de loups (il en aurait eu jusque 25 !). Germain Fourneron fait partie de ceux qui ont milité pour la création d’un parc à loups dans ce département présentant les grandes sous-espèces. Son idée sera reprise par les acteurs locaux et trouvera une concrétisation avec l’ouverture du Parc aux loups de la forêt de Chabrières.

Lorsque les difficultés surgiront,  pour lui, au milieu des années 2000 (vétusté du parc, difficultés financières…) il recevra un soutien des associations comme la SPA, la Fondation Brigitte Bardot et de quelques locaux sans oublier la communauté internaute attachée à la défense des loups.

A son décès, en 2008, il lui reste trois loups : Kitche, Watche Bloka et Hokchila. Ils seront placés à Coat Fur.

Sur ces trois loups, Kitche est un cas à part. Née en 1995 , elle a été traitée comme un chien. « Kitche était promenée en laisse, montait dans la voiture de Germain et dormait avec lui », raconte un témoin. Placée un temps chez un dresseur d’animaux où elle aurait été maltraitée puis récupérée par Germain Fourneron, Kitche a développé des problèmes comportementaux « ne sachant plus, toujours selon le témoin, si elle est loup ou humain ».

Les loups du dresseur Max Crochet

En 2009, le refuge des loups de Coat Fur est de nouveau sollicité dans le cadre d’une nouvelle affaire, celle du dresseur d’animaux Max Crochet. Ce dernier a été dresseur pour des films comme le Pacte des loups, L’Ours…

Max Crochet avait pour projet de créer un parc à thème à Rexpoëde mais ne disposait pas des autorisations administratives nécessaires. Ces irrégularités constatés, ces animaux lui ont été retirés c’est à dire deux lions, deux guépards et onze loups.

Le refuge de Coat Fur a pu accueillir 7 de ces loups dont certains n’avaient pas connu autre chose qu’un sol bétonné, une pelouse… Leur vaste enclos à Coat Fur leur a permis d’apprendre à évoluer dans un environnement naturel et de vivre avec les éléments. Un vrai sauvetage.

Des placements des parcs animaliers et professionnels.

Les structures d’accueil comme le Refuge des loups de Coat Fur ont une utilité pour les professionnels ainsi que pour les parcs animaliers.

Trois parcs animaliers ont fait appel au refuge pour un placements d’animaux, le Refuge de l’Arche, le zoo de Thoiry et le zoo d’Amnéville.

 

La Fondation Brigitte Bardot a fait appel à l’association pour un accueil de daims : 20 animaux au total.
Ce lourd dossier a amené l’association à construire un enclos et un bâtiment d’entretien.
Ces daims proviennent d’un terrain militaire de l’Est de la France.

 

Philippe Le Hir, dresseur animalier et professionnel du spectacle (Les Baladins de la Vallée d’Argent) a également fait appel au refuge à deux reprises pour trois loups.

Le premier cas est celui de Katchina, une jeune louve qui s’est révélé stressée face au public. La louve ne pouvant plus figurer dans ses spectacles, Philippe Le Hir a préféré la confier au refuge afin qu’elle puisse bénéficier de bonnes conditions de vie. 

Le professionnel a réitéré en 2012 avec Bihac, un jeune mâle et Biscotte, une femelle type européen. Curieusement, Bihac avait déjà fait parler de lui quelques années auparavant puisqu’il était né au Domaine de Ménez Meur  à Hanvec et avait dû être retiré de la meute comme le mentionne un article du journal Le Télégramme. Bihac est le seul survivant d’une portée, ses autres frères ou sœurs ayant été tués par les autres femelles.

Ce loup « imprégné » a été finalement acquis par Philippe Le Hir, toujours dans le même objectif de figurer dans ses spectacles. En juin 2012, cependant, lors des Fêtes johanniques à Reims, Philippe Le Hir est attaqué par Bihac, en plein spectacle, au moment où il s’interpose entre ce dernier et un autre loup, les deux faisant preuve d’agressivité. Le Journal L’Ardennais fait écho de l’accident dans son numéro du 6 juin 2012.

Toujours est-il que Philippe Le Hir ne peut plus conserver Bihac dans ses spectacles à l’issue de cet épisode. Il opte alors pour un placement au sein du Refuge de Coat Fur. Signalons que Bihac n’a jamais fait preuve d’agressivité envers son soigneur par  la suite.

 

En avril 2012, accueil de six daims en partenariat avec la Fondation Brigitte Bardot.

 

En janvier 2013, placement de 5 daims d’un particulier qui se régularise avec la législation du département de la Mayenne.

 

 

Des louveteaux saisis

En 2015, nouvelle affaire, et pas des moindres, ce sont sept louveteaux âgés d’un mois et demi  et leur mère qui sont placés au refuge suite à une décision décision du tribunal de Libourne. La saisie a été effectuée par la brigade mobile d’intervention Cites Capture. La louve, Sélène,  était détenue par un particulier qui a procédé à une reproduction en toute illégalité. Onze jours après leur naissance, le particulier a séparé les 7 louveteaux de leur mère une dizaine de jours après leur naissance afin de les imprégner. Ils vivaient au sein de l’habitation et forcément mal nourris. Quel était le but poursuivi ? Il ne détenait aucun certificat de capacité et ne pouvant en aucun cas procéder à une reproduction. A Coat Fur, les louveteaux ont pu retrouver leur mère au sein d’un vaste parc de 6000 m².

Ce dossier a été largement commenté sur les réseaux sociaux, par des centaines d’internautes. Les propos tenus par certains défenseurs du particulier démontrent que la législation était souvent ignorée, mal comprises, détournée… Clairement, l’information du public est fondamental a un moment où des hybrides de loup font leur entrée sur le territoire français.

Les loups de la Louverie du Castel

Francky Estrade, dresseur de la Louverie du Castel est décédé en septembre 2016. Trois de ses derniers pensionnaires sont arrivés à Coat Fur en octobre 2016.

La louverie du Castel située au Castellet (83) a été fondée en 1999 et quelques uns de ses loups ont « fait carrière » en jouant dans des films pour le cinéma. (Le Pacte des loups, La petite fille et les loups, Le renard et l’enfant) ou dans le cadre de publicité (aux côtés de J. Halliday, pour une marque de lunettes).

Des interrogations avaient été formulées, depuis plusieurs mois, sur les conditions de détention des animaux à la Louverie du Castel. Trois de ces loups ont été placés en Bretagne en octobre 2016. Des animaux « assez affamés » puisque, dans un premier temps, il n’a pas été possible de pénétrer dans l’enclos avec de la nourriture sans que les animaux se montrent agressif.